Oui, on peut garder bougies et encens cet automne sans abîmer l’air de la maison : une seule flamme à la fois, jamais sans surveillance, et les fenêtres grandes ouvertes au moins 10 minutes une fois la soirée finie. L’encens, lui, est à réserver aux grandes occasions.
- Une étude cofinancée par l’ADEME a mesuré 9 encens et 9 bougies parfumées en conditions réelles : l’encens pollue très largement plus que la bougie.
- Aucune situation préoccupante n’est attendue pour les usages courants ; le risque vient des usages longs, répétés, cumulés, dans une petite pièce mal aérée.
- Le bon geste : aérer en grand au moins 10 minutes par jour, radiateurs fermés pendant l’ouverture.
- Côté sécurité : flamme surveillée, loin des tissus, et un détecteur de fumée au plafond.
Quand les journées raccourcissent et que le chauffage redémarre, on ferme les fenêtres, on sort le plaid et on allume une bougie. C’est précisément le moment où l’air intérieur se renouvelle le moins. L’ARS Île-de-France le rappelle : les polluants s’accumulent en particulier l’hiver, quand on ouvre moins.
Plan de l'article
- Que dit vraiment l’étude sur les bougies et l’encens ?
- Encens ou bougie : le comparatif en un coup d’œil
- Le détail que l’on oublie : la bougie, moins de fumée mais plus fine
- Faut-il renoncer à l’ambiance cosy ?
- Comment aérer quand le chauffage tourne ?
- Bougies et décoration : les règles de sécurité
- Et moi, concrètement ?
- Questions fréquentes
- À retenir
Que dit vraiment l’étude sur les bougies et l’encens ? #
La référence française reste le projet EBENE, dont la synthèse a été publiée en 2017. Mené par le CSTB, le laboratoire LCE et l’INERIS, et cofinancé par l’ADEME, il a testé 9 bâtons d’encens, 9 bougies parfumées et 1 lampe à catalyse achetés sur le marché français, dans une vraie pièce de la maison expérimentale MARIA du CSTB.
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Le verdict est net : pendant et après la combustion, les concentrations dues à l’encens sont très largement supérieures à celles des bougies. L’encens fait grimper le benzène, le toluène, le formaldéhyde, l’acétaldéhyde, l’acroléine, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les particules. Le pic dure pendant la combustion et l’heure qui suit, puis retombe grâce à l’aération.
Les bougies parfumées émettent nettement moins de polluants volatils. Seuls le formaldéhyde, l’acétaldéhyde et le toluène y atteignent plusieurs microgrammes par mètre cube. Les chercheurs insistent aussi sur un point : les émissions varient énormément d’un produit à l’autre, pour l’encens comme pour les bougies.
Encens ou bougie : le comparatif en un coup d’œil #
| Critère | Bâton d’encens | Bougie parfumée |
|---|---|---|
| Polluants volatils | Très élevés (benzène, formaldéhyde, acroléine…) | Nettement plus faibles |
| Quantité de particules | Plus importante | Moindre |
| Taille des particules | 80 à 190 nanomètres | Moins de 100 nanomètres |
| Oxydes d’azote | Moins | Significativement plus |
| Après extinction | Baisse avec l’aération | Le formaldéhyde peut continuer d’être émis |
Le détail que l’on oublie : la bougie, moins de fumée mais plus fine #
C’est la nuance qui intéressera les amateurs de bougies. Une bougie émet moins de particules qu’un encens, mais des particules plus fines, de moins de 100 nanomètres, sauf juste après l’extinction, quand la mèche fume. Elle rejette aussi davantage d’oxydes d’azote que l’encens.
Autre subtilité relevée par EBENE : pour les bougies, la baisse du formaldéhyde est peu marquée, et ce composé peut même augmenter après l’extinction, signe d’une émission secondaire. Souffler la bougie ne marque donc pas la fin de l’histoire : c’est l’aération qui la termine.
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Faut-il renoncer à l’ambiance cosy ? #
Non. L’évaluation des risques sanitaires menée dans l’étude conclut qu’aucune situation préoccupante n’est attendue pour les usages les plus courants. Ce qui pose problème, c’est le cumul : utilisation fréquente et longue, plusieurs produits allumés en même temps, petite pièce, faible renouvellement d’air.
Dans ces cas-là, des expositions peuvent dépasser les valeurs repères, principalement avec l’encens. Les auteurs recommandent un usage modéré, une aération après usage et une attention particulière pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes asthmatiques. Le site public Sante.fr va plus loin et conseille d’éviter les produits odorants (sprays, bougies parfumées, encens, papier d’Arménie), qui ne font que masquer les odeurs.
Comment aérer quand le chauffage tourne ? #
La consigne officielle tient en peu de mots. L’ARS Île-de-France recommande d’aérer 10 minutes tous les jours en ouvrant les fenêtres en grand. RecoSanté, sur Sante.fr, conseille au moins 10 minutes deux fois par jour, en créant un courant d’air dans chaque pièce.
Pour ne pas chauffer la rue, Sante.fr invite à fermer les radiateurs pendant l’ouverture. Il faut aussi aérer davantage quand on cuisine, qu’on fait sécher du linge à l’intérieur ou après une douche : aérer renouvelle l’air et fait baisser l’humidité. Enfin, on ne bouche jamais les entrées d’air ni les bouches d’extraction de la ventilation, même quand elles laissent passer un filet d’air frais.
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Bougies et décoration : les règles de sécurité #
Une flamme au milieu des plaids, des coussins et des rideaux épais reste un risque d’incendie. Le dossier de prévention des incendies domestiques de la préfecture de l’Ardèche liste les réflexes de base :
- ne jamais laisser une bougie allumée sans surveillance, et vérifier qu’elle est bien éteinte ;
- tenir les produits inflammables à distance des bougies et des radiateurs ;
- ne jamais accrocher de décoration avec une flamme nue, comme une bougie allumée dans le sapin ;
- ne pas laisser les enfants jouer avec les bougies, briquets ou allumettes.
Dernier filet de sécurité : le détecteur de fumée. Selon Service-Public.fr, chaque logement doit en compter au moins un, posé par le propriétaire et entretenu par l’occupant. On le fixe au plafond, de préférence dans le couloir ou le palier qui dessert les chambres, avec le marquage CE et la norme NF EN 14604.
Et moi, concrètement ? #
Pour une soirée d’octobre, le scénario le plus sûr est simple : une seule bougie dans le salon, posée sur un support stable, loin du plaid et des voilages. Pas d’encens en même temps. On l’éteint avant de quitter la pièce, puis on ouvre grand dix minutes, radiateurs coupés.
Pour la lumière dansante sans combustion, les bougies LED font très bien illusion dans une lanterne ou sur un plateau, et l’assureur Matmut les cite comme alternative sans danger. Côté décor, misez sur la chaleur des couleurs plutôt que sur la flamme : notre guide des couleurs pour le salon et notre article sur le canapé vert sauge donnent des pistes pour une ambiance douce toute la saison.
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Questions fréquentes #
L’encens est-il plus polluant qu’une bougie parfumée ?
Combien de temps aérer en hiver ?
Où installer le détecteur de fumée ?
À retenir #
- L’encens émet très largement plus de polluants que la bougie parfumée.
- Usage courant : pas de situation préoccupante ; usage intensif et cumulé : prudence.
- Aérer au moins 10 minutes par jour, radiateurs coupés, et après chaque flamme.
- Jamais de bougie sans surveillance, et un détecteur de fumée au plafond.
Sources : synthèse EBENE (CSTB, LCE, INERIS, ADEME), ARS Île-de-France, Sante.fr, Service-Public.fr.




